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Expériences
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un vol en MV-22 Osprey
Bell-Boeing
et les Marines m’ont donné la chance d’être
le premier journaliste français à embarquer
sur cette machine hors norme alors qu'elle était
encore en test au VMX-22 Squadron, escadron d'évaluation
de l'U.S. Marine Corps. Il m'est impossible de refuser
cette invitation, en pensant quand même aux 27
personnes tuées dans les différents crash
des premières machines, durant la mise au point
du convertible.
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En
s’approchant de la machine, on est d’abord impressionné
par ces deux rotors à trois pales de près
de 12 mètres de diamètre chacun. L’entrée
par la porte cargo (arrière) ressemble à celle
d’un SA 321G Super Frelon ou d’un Chinook. A
l’intérieur, la première chose qui peut
choquer est l’absence d’habillage des parois
internes laissant apparaitre câbles et durites, étonnant
sur un appareil de série. Cela permet, parait-il
à détecter la moindre fuite hydraulique, dés
sa formation... Une rangée de siège est disposée
de chaque coté de la cabine, pouvant accueillir 24
personnes. Ces sièges, de facture extrêmement
simple sont similaires à ceux qui équipent
les hélicoptères de transports américains.
Une fois attaché, des lunettes de protections nous
ont été fournies, un casque anti bruit et
un « sickness bag » similaire à
ceux que donnent les compagnies aériennes aux personnes
malades durant le vol. La porte cargo est rapidement fermée,
car même si nous nous trouvons sur un tarmac en asphalte,
la poussière s'introduit en tourbillons aveuglants
par la porte cargo. Le roulage, similaire à celui
des hélicoptères. |
Le
décollage et le stationnaire sont….relativement
stables. L’orientation des moteurs d’environ
30 degrés s’accompagne d’un léger
tremblement de la carlingue qui me remémore
brièvement cette fameuse vidéo du crash
d’un des prototypes…
Le vol se poursuit pourtant, à ma grande satisfaction,
sans alarme ni inquiétude apparente de l’équipage
qu’on distingue au fond. Pour l’instant
rien d’extraordinaire, quant aux capacités
de la machine qu’on m’avais tant vanté…
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La
première transition des moteurs en plein vol s’effectue
sans aucun effet dans la cabine. Si je n’avais pas
vu les moteurs tourner à travers le minuscule hublot,
je ne m’en serais pas rendu compte.
Un
petit tour dans le cockpit, durant le transfert sur zone,
pour admirer les écrans, de dernière génération
et le coté un petit peu exigu pour un aéronef
américain.
A peine attaché, commence alors le vol tactique.
Vol rapide a très basse altitude, virages très
serrés, montés rapides pour éviter
le relief digne des hélicoptères les plus
véloces, voir mieux. Un posé dans la verdure
avec une transition rapide des moteurs, prouve qu’il
n’a rien à envier aux Chinook est sans doute
au CH-53, à la différence près qu’à
l’ouverture de la porte cargo, un nuage de poussière
s’engouffre dans l’habitacle (d’où
la fourniture de lunettes de protections).
Le re-décollage est particulièrement impressionnant,
car aucun hélicoptère dans lequel j’ai
pu monter m’a collé au siège de cette
manière ! Transition des moteurs et accélération
pour monter vite, très vite, pour sortir de la
"zone dangereuse", suivie d’une descente
digne d’une auto-rotation pour coller au terrain
en mode avion. L’aéronef remonte un peu pour
réaliser une descente en spirale d’un tour
complet, tout en passant les moteurs en mode hélico,
la machine inclinée du coté gauche d’environs
45°, sous « fort » facteur de
charge. Et poser d’assaut. La manip’ me laisse
sans voix. Décollage en transition rapide et on
dégage de la zone à une rapidité
qui doit laisser tout ce qui possède un ou plusieurs
rotors bien derrière.
Le retour à la base, en vol rapide met en évidence
une des plus grande faiblesse de la machine pour ses passagers :
les vibrations. Incomparables à tout ce qui peut
voler autrement, le V-22 Osprey à aussi un mode
de vibration qui n’est pas important, mais particulièrement
désagréable lorsqu’on se trouve dans
le cargo (voilà pourquoi les petits sacs sont fournis…).
Cette
machine hors normes me parait être une avancée technologique
et tactique importante pour le transport
de troupes ou de matériel dans des zones non préparées,
seulement
cette machine reste la première du genre. Les premiers
"retours d'expériences" sont mitigés. La machine est
fragile, l'effet de "brownout" important, etc... C'est
à l'usage, que l'on apprendra à parer aux
faiblesses. Plus d'un d'entre nous se souviennent de
celles du F/A 18, du Rafale ou de l'A380, qui sont devenus
avec les temps des références dans leur domaines respectifs.
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Témoignage : C.Cosmao
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