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La
fin d'une forteresse volante
B-17 en Bretagne
par
Claude Hélias & François Cadic
du Conservatoire Aéronautique de Cornouaille
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Dimanche
17 Mai 1943, pour la huitième fois depuis octobre
1942, les B-17 de la huitième Air Force ont pour
objectif Lorient (Morbihan). Une première vague de
80 appareils attaque la base sous-marine et une seconde
de 38, l'usine électrique.
A 12h13, les premières bombes sont larguées
et à 12h17, la seconde vague est passée. |
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Au-dessus
de Lorient, les forteresses volantes subissent une attaque
frontale de la chasse allemande. 290 tonnes de bombes sont
tombées sur la ville et les environs. A Lorient même,
il y a quatre morts et cinq blessés. La base sous-marine
est touchée. L'usine électrique est sérieusement
endommagée. La gare de chemin de fer d'intérêt
local du Morbihan est détruite et le trafic interrompu.
Des communes voisine sont également touchées.
Six forteresses volantes sont abattues. L'unité la
plus éprouvée est le 305ème Bomb Group
qui mène la première vague car quatre appareils
ne rentrent pas à leur base de Chelveston. |
Le
2nd Lt Harry W. Indiere, 364ème squadron du 305ème
Bomb Group, effectue ce 17 mai 1943 sa première mission
comme pilote. A bord du B-17 F n°42-5219 ont pris place
des hommes provenant de plusieurs équipages. Indiere
a pour copilote son ami Joseph B. Boyle qu'il a connu pendant
sa formation. En septembre 1942, tout juste brevetés,
ils avaient été affectés comme copilotes
au 305ème Bomb Group en instance de départ
pour l'Angleterre. Ils avaient leurs premières armes
lors des raids contre les bases sous-marines de Lorient,
Brest et St Nazaire, puis furent les missions sur l'Allemagne
au début de 1943. Les autres membres d'équipage
sont : 2nd Lt Roy E. Richards (navigateur) ; 2nd Lt James
S. Wilschke (bombardier) ; T/Sgt John W. Mc Farland (mécanicien
navigant) ; S/Sgt Robert G. Neil (radio) ; S/Sgt Walter
E. Schenk (mitrailleur ventral) ; S/Sgt Denis T. Cullinan
Jr (mitrailleur latéral droit) ; Sgt John D. Norris
(mitrailleur latéral gauche) ; S/Sgt Henry A. Mitchell
Jr (mitrailleur de queue). |
S/SGT
Henry A. Mitchell |
Au-dessus
de la Manche, le B-17 n°42-5219 a des ennuis de moteur.
Lors de la traversée de la cote bretonne, l'hélice
du moteur extérieur droit est mise en drapeau. L'appareil
prend peu à peu du retard sur le reste de la formation.
Le B-17 isolé devient la proie des chasseurs allemands.
La radio et le système d'interphone sont mis hors
service. Le liquide de refroidissement des moteurs prend
feu. L'intérieur de l'appareil est envahi de fumée.
Au-dessus de l'objectif, les bombes sont larguées.
Deux minutes après, environ, le B-17 subit une nouvelle
attaque. Les moteurs sont touchés et rendent l'âme,
l'un après l'autre. Le pilote actionne la sonnerie
d'évacuation. Joe Boyle cherche à tâtons
la poignée de la trappe d'évacuation avant.
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L'avion
se brise en deux et tombe sur la commune de Brec'h : l'avant
du fuselage dans un taillis derrière le manoir de
Kerivallan et l'arrière sur les terres de la ferme
de Kerbellec. A proximité de Kerbellec, on trouve
les corps de deux hommes d'équipage dont les parachutes
ne s'étaient pas ouverts et un troisième resté
dans l'arrière du fuselage. Deux corps carbonisés
sont extraits de l'avant de l'appareil par les Allemands
le lendemain, et traînés jusqu'à la
route avec des chaînes. |
Une
semaine plus tard, le cadavre d'un sixième aviateur,
tué d'une balle dans la tête, est trouvé
dans la végétation, près de la route.
Les allemands enterrent Schenk, Norris, et Mitchell à
Vannes, tandis que Richards Mc Farland et Cullinan sont
inhumés à Guidel. Joe
Boyle atterrit dans un endroit boisé. Deux jeunes
hommes s'approche de lui et lui proposent de l'aider, mais
ils sont suivis par des soldats allemands. Boyle est conduit
à Auray.
Le lendemain, il est interrogé par un officier Allemand,
qui lui montre des objets personnels trouvés sur
les cadavres de ses compagnons. Il identifie ceux qui appartenaient
à Henry Mitchell. Originaire des Philippines, ce
dernier était marié et père de deux
jumelles. Le jeune officier allemand avait étudié
en Angleterre avant la guerre. A Boyle, qui lui demande
son sentiment sur sa situation, l'officier explique comment
il ressent l'hostilité de la population. Quand il
marche dans la rue, personne ne le regarde, ni lui adresse
la parole et il s'attend à être abattu dans
le dos. |
Joseph
B. BOYLE |
C'est
sur le quai de la gare de Vannes que Boyle retrouve Indierre.
Le pilote s'était blessé à la jambe
droite en atterrissant dans un arbre. Un français
l'avait débarrassé de son harnais de parachute
et emmené en voiture car il ne pouvait pas marcher.
Le pilote fut malheureusement capturé le jour même.
A Paris, Indierre est envoyé dans un hôpital,
tandis que Boyle continue son chemin vers l'Allemagne. Après
être passé par le centre d'interrogatoire de
la Luftwaffe, près de Francfort, Boyle aboutit au
Stalag Luft 3 de Sagan en Silésie. Il est rejoint
par Indiere deux semaines plus tard . Les deux pilotes vont
rester prisonniers jusqu'au 29 avril 1945.
Jim Wilschke
et Bob Neil atterrissent près de Ploëmel. Wilschke
heurte une barrière et perd connaissance. Quand il
reprend connaissance, son parachute a disparu. Un homme
lui demande si il est allemand ou anglais ; Il semble heureux
de découvrir que l'aviateur est Américain
et l'emmène jusqu'à une grange située
à proximité. Wilschke attend une heure dissimulé
dans une charrette de foin. Un autre homme arrive et celui-ci
parle anglais. Il cache l'aviateur dans une haie et promet
de revenir à la nuit tombée. Ce soir là,
le Français emmène Wilschke dans une ferme.
Le lendemain matin, on lui annonce qu'il va rejoindre un
autre américain. Il apprend également que
deux membres de son équipage ont été
capturés. C'est dans une charrette tirée par
un cheval que Wilschke effectue le trajet jusqu'à
l'endroit où il retrouve Bob Neil. Pour les deux
aviateurs, c'est le début d'une grande vadrouille
de six mois qui, de Morbihan à Nantes, en passant
par les environs de Rennes, les conduira jusqu'à
la frontière espagnole qu'ils franchissent dans les
environs de Perpignan le 17 novembre 1943, six mois exactement
après avoir été abattus. Pendant leur
périple, 27 familles leur vinrent en aide. |
Claude
Hélias & François Cadic
du Conservatoire Aéronautique de Cornouaille
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Document sans titre
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